Dites-moi où vous partez en vacances, je vous dirai quoi lire !

L’été semble pointer le bout de son nez. S’installer en terrasse, sur la plage ou sous un arbre avec un bouquin devient à nouveau envisageable.
Et c’est bientôt les vacances! Pour vous aider à choisir les livres à glisser dans votre valise, je vous propose donc un petit « jeu » -entre guillemets car il n’y a rien à gagner : Dites-moi où vous partez en vacances, je vous dirai quoi lire !

téléchargement Que vous partiez en France, à l’étranger, à la mer ou à la montagne, au club Med ou en routard, je vous préparerai l’ordonnance de votre été. J’essayerai bien sûr de répondre à tous, dans les limites de ma culture littéraire, jamais aussi étendue que je ne le voudrais.
C’est parti!

ALPES

« La montagne est mon domaine » de Gaston Rébuffat
L’autre grand classique de la littérature de montagne avec les Frison-Roche. rebuffat Je préfère Gaston Rébuffat. Il raconte sa découverte de la montagne, sa passion dévorante pour l’alpinisme et ses déclinaisons. Avec son style, simple et brillant, ce pionnier reste pour moi celui qui a le mieux mis en mots les milles manières de vivre et de ressentir la montagne: l’effort, le dépassement de soi, le risque, la conquête, la liberté, la contemplation.

« La montagne intérieure » de Lionel Daudet
daudetDes décennies après Rebuffat, Lionel Daudet prend la plume. Alpiniste accompli, ce haut-alpin d’adoption a gagné en notoriété en 2011 avec son « Dodtour », un tour de France sur les lignes frontières des sommets au littoral. Dans « La montagne intérieure », il s’interroge sur ce qui le pousse à vouloir aller toujours plus haut, plus vite, à enchaîner les premières partout dans le monde. Ce n’est pas un récit de ces ascensions, plutôt une quête de sens, un moment de recul, une parenthèse arrachée à l’univers de la montagne qui le happe. Le grimpeur se fait philosophe sans prétention ni emphase mais l’écriture est subtile. Un vrai plaisir!

« Le boulevard périphérique » d’Henry Bauchau
A première vue, le boulevard périphérique est bien loin des Alpes. Henry Bauchau, immense écrivain belge, les réunit dans ce somptueux roman. Chaque jour presque, le narrateur emprunte le périf’ pour rendre visite à une amie en phase terminale.bauchau Au récit des derniers jours de cette femme avant la mort, le personnage entremêle ses souvenirs. Il raconte comment sa découverte de la montagne -grâce à Stéphane, un ami féru d’escalade tué pendant la Seconde Guerre mondiale- l’a enrichi, l’a fait se sentir vivant. C’est l’un des plus beaux et des plus tragiques livres de l’écrivain francophone. Inoubliable.

CONGO

@C qui connait la littérature africaine bien mieux que moi, je ne m’aventurerai pas à donner des conseils de lecture. Voici quand même une suggestion pour ceux qui s’intéressent à la région.

« Photo de groupe au bord du fleuve » d’Emmanuel Dongala

Très belle histoire de ces congolaises casseuses de cailloux qui se rebellent contre leurs terribles conditions de travail et contre les hommes qui les dirigent.9782330012991 Un engagement qui secoue et questionne leurs position de femmes, de mères, d’épouses. Le roman d’Emmanuel Dongala, écrivain congolais émigré aux Etats-Unis a quelques longueurs mais cette violente lutte des classes au bord du fleuve Congo est racontée avec passion et sans exotisme facile.

J’ai, sur ma to-read-list, le « Congo » du belge David Van Reybrouck, un pavé de 700 pages – prix Médicis essai 2012- auquel je compte m’attaquer tout bientôt.

PARTOUT AILLEURS pour les mères de familles

Une rubrique spéciale mères de famille qui m’ont demandé des bons pavés -car c’est le seul moment de l’année où elles ont vraiment le temps de lire- à dévorer sous un arbre, qui peuvent s’abandonner toutes les deux pages sans perdre le fil du récit -au cas où numéro 1 aurait râté une marche, numéro 2 aurait faim etc- et qui dépaysent -car à cinq les voyages au bout du monde deviennent compliqués.

« Peste et Choléra » de Patrick Deville
En lice pour le Goncourt 2012 et perdant face au « Sermon… » de Jérôme Ferrari, le livre de Patrick Deville se dévore. Ne vous laissez pas effrayer par son titre peu avenant, c’est génial. Deville figurait depuis longtemps dans ma to-read-list. Ces titres m’attiraient, les thèmes aussi. J’ai découvert une langue incroyable et rythmée, d’une simplicité littéraire et très évocatrice. Dans « Peste et Choléra », il raconte la vie d’Alexandre Yersin, médecin de l’institut pasteur et découvreur du bacille de la peste. Célèbre très vite, cet érudit délaisse tout aussi vite la médecine pour les voyages, la navigation, la botanique et l’astronomie etc. Le passionnant portrait de ce touche à tout par Deville nous entraine de Paris à l’Asie : comptoirs des indes, chine,
Petit « plus »: la brieveté des chapitres facilite la lecture

« Le chercheur d’or » de JMG Le Clézio

« Le chercheur d’or » fut l’un de mes premiers grands voyages littéraires, il demeure l’un de mes préférés. J’ai découvert Le Clézio avec « Etoile errante » (excellent roman quoique méonnu), j’ai succombé à jamais à ce grand et bel homme du roman français avec « Le chercheur d’or ». Comme tout se déroule à l’île Maurice et dans l’océan indien, le dépaysement est garanti mais l’écriture -somptueuse- est assez exigeante. C’est l’histoire d’Alexis et de sa soeur entrainés dans le rêve obsedant de leur père: retrouver un trésor à Rodrigues. Un bouquin pour ceux qui aiment la mer. Nul autre mieux que JMG ne sait décrire la puissance des éléments et l’attirance pour le grand large et l’Ailleurs. La lecture de Le Clézio devrait être obligatoire!

« Corps et âme » de Frank Conroy

Pas de pionnier, ni d’exploration au long cours, pas d’héritage trop lourd à porter, « Corps et âme » raconte le destin d’un enfant pauvre et solitaire qui trouve par hasard, un piano au fond du réduis qui fait office d’appartement. Sa vie sera entièrement guidée par la musique. Le roman démarre dans les bas-fonds du New York des années quarante et finit au Carnegie Hall. Si le livre de Conroy est le récit haletant d’une ascension éblouissante, il est aussi une histoire des métamorphoses de « Big Apple » durant le XXe siècle. Facile à lire, épais, prenant : le parfait bouquin de vacances.

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6 commentaires sur « Dites-moi où vous partez en vacances, je vous dirai quoi lire ! »

  1. vacances locales : Nyons (je crois que tu connais…) et Ardèche mais je veux bien du dépaysement…

  2. C’est un peu tard pour les vacances mais toi qui me connais un peu, lequel tu me conseilles parmi ces 3 : « Peste et Choléra » pour le côté scientifique et historique, « Le chercheur d’or » pour compenser la côté pantouflard, « Corps et âme » pour le piano 🙂 ?

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