Livre numérique : ma conversion

Avec quelques mois de recul, je peux vous parler de ma conversion -partielle- au livre numérique. On m’a offert un « Kobo », la liseuse de la Fnac pour Noel, l’outil disponible en France qui me paraissait le plus abouti. Un nouveau « jouet » dont les qualités sont indéniables.

Oui à la légèreté et à l’autonomie

Première surprise: la légèreté! Habituée à l’Ipad et à l’Iphone que j’ai toujours trouvé très lourds, le poids plume du « Kobo » (Kobo Glo de son nom entier) m’a bluffé! Je voyage beaucoup pour mon plaisir ou pour aller travailler, le « Kobo » a changé ma vie. Même s’il est un peu alourdi par une housse de protection rigide, il tient dans un sac à main. Comme il est fin, il tient moins de place qu’un poche. Ahhhh finis les dilemmes avant de partir en voyage! Je prends en numérique tous les livres dont j’ai envie sans redéfaire mon sac pour tout faire rentrer et sans le peser avant de rajouter ou enlever un poche.
La très grande autonomie de la batterie est immensément appréciable. Inutile de se traîner un cordon en week-end,le Kobo reste chargé longtemps parce que le noir et blanc, cela ne consomme pas tellement! Il faut avouer que ma seconde impression a été de revenir au Moyen-âge du numérique, époque minitel. Le design est beau mais pas de couleurs, plus d’images, pas de haute résolution, pas d’écran tactile performant comme sur les tablettes Apple ou autres. Ca fait un drôle d’effet!
Pourtant, c’est un mal pour un bien. L’écran mat, en noir et blanc est très confortable pour les yeux au contraire de la brillance excessive des tablettes. Ce côté austère rappelle l’encre sur papier et ne dépayse pas trop.

Le changement, c’est maintenant!

Je lis plus facilement en langue étrangère sur liseuse que sur papier grâce à un truc génial: le dictionnaire intégré! Vous appuyez (certes, l’écran n’est pas aussi sensible et réactif que sur les tablettes) sur le mot inconnu et hop, voici la traduction. Cela évite les longues « coupures » dans le rythme de lecture, il devient agréable de lire dans une langue que vous maîtrisez moyennement. Je lis en espagnol et surtout en anglais car l’offre anglo-saxonne est pléthorique au regard des publications francophones.
Je renoue avec les classiques dont beaucoup, tombés dans le domaine public, sont disponibles gratuitement.
Seule chose qui ne change pas : ma vitesse de lecture. Je crois même que je lis encore plus vite en numérique!

Ebooks trop chers!

Voilà le gros inconvénient du livre numérique en France aujourd’hui: le prix des ebooks, je suis effarée!
21 euros pour un Gallimard de la Blanche, 15 euros pour la version numérique par exemple. Grandes maisons, éditeurs en pointe, auteurs confidentiels ou grands publics…même combat et même réticence à baisser les prix. Si vous aimez la littérature contemporaine, si êtes à l’affût des dernières parutions, lire en numérique coûte cher et le prix ne décline pas aussi vite que celui de votre voiture neuve. Rapport qualité/prix, le livre de poche sort vainqueur!

Editeurs bâcleurs!

Les éditeurs français ont traîné les pieds avant de se convertir doucement au numérique, quitte à se faire aujourd’hui « croquer » par les distributeurs concurrents. Par peur de perdre leur marge, leur auteur, leur public.
J’entendais encore il y a quelques semaines sur France Culture un directeur de collection pousser les hauts cris en expliquant que les prix étaient ce qu’ils étaient car « les éditeurs ne sont pas des imprimeurs », qu’avant le livre numérique il y a un long travail d’édition et patati et patata. Et bien on se demande vraiment! La majorité ne semble n’avoir aucun respect pour le « lecteur numérique » : il y a des fautes, une mise en page souvent foireuse (une seule phrase qui se promène en bas de page), des mots en italique collés au mot suivant…Pire que des épreuves!
Je ne vous parle pas des petits éditeurs indépendants, je vous parle de grandes maisons qui devraient avoir les moyens de fournir des epubs (fichiers numériques) de qualité vu le prix auquel ils osent vendre leurs versions numériques.

Propriété privée, partage interdit!

Long très long soupir. Prêter mes livres est un de mes grands plaisirs de dévoreuse. J’aime fouiller dans ma bibliothèque pour dénicher la perle qui plaira à tel ou tel copain. Avec le numérique, cela n’a pas le même charme et c’est beaucoup plus compliqué. Même le partage de Kobo à Kobo n’est pas simple.
Les diffuseurs et fabricants de liseuses ont parfaitement réussi à verrouiller leur système, presque aussi bien qu’Apple et son Itunes. Chaque entreprise fournit un logiciel spécifique qui permet de charger son livre numérique via la plateforme d’achat de la marque ou du diffuseur. Il y a, sur les epubs, des DRM (protections) qui empêchent le partage des fichiers. Heureusement, des petits malins (merci!) ont inventé des logiciels pour faire sauter ces DRM. Il faut alors acheter ses livres via, par exemple, Calibre et non via le logiciel fournit avec la liseuse. Je n’ai pas encore exploré toutes les possibilités de Calibre, c’est en cours.

Vive les libraires!

J’avoue, depuis que j’ai un Kobo, je me culpabilise vis à vis de mon libraire. La porte s’ouvre, je rase les murs comme une femme infidèle, je baisse les yeux, de peur que la vendeuse me dise « ah tiens, on vous voit moins! »
Avant l’ebook, je m’avais déjà entamé un régime pour réduire ma consommation de livres et ce pour des raisons purement logistiques: mon appart déborde, je ne sais plus où entasser mes bouquins.
Mais, j’avoue, je n’ai pas pour autant déserté les librairies, je suis accro! Par principe aussi, j’estime qu’il faut les faire travailler sinon elles subiront le même sort que les disquaires. Ensuite, parce que rien ne remplace l’excitation face à des piles de livres, la curiosité qui pousse à lire le résumé, l’imagination à rêver devant la beauté d’une couverture, l’indiscrétion à regarder par en-dessous ce que feuillette le voisin.
La bibliothèque numérique ne sera jamais aussi sexy et tentante qu’une librairie.

En résumé, achetez un livre numérique si et seulement si:

-vous lisez beaucoup
-vous voyagez beaucoup
-vous aimez les classiques
-vous avez un budget « lecture » élevé
-vous êtes parisiens ou équivalent : vous n’avez pas de bibliothèque (la pièce, j’entends) et vivez dans un 50m2 dont il est impossible de pousser les murs déjà débordant de livres « papier ».
-vous maîtrisez bien le net : le logiciel « Kobo » ne sert presque à rien, il faut en télécharger d’autres.
-vous ne prêtez pas vos livres

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