Italia uno : « D’acier », d’enfer !

Prix de l’Express-Lire 2012

A 13 ans, Anna et Francesca -ou Francescanna- sont inséparables. Elles vivent la fin de l’enfance dans une ville pourrie d’Italie où l’aciérie emploie et dévore les hommes de la cité. Une cité populaire comme il y en a partout en Europe avec sa misère, sa petite délinquance, cette violence latente, cette solidarité, cette logique de territoire…Face à elle: la mer. Car, des autorités avaient décidé, dans les années soixante, que les ouvriers eux aussi avaient droit à la vue sur la grande bleue. Les deux belles ados passent donc leurs après-midis à la plage. Elles expérimentent la sensualité sous toutes ces formes.

Silvia Avallone, jeune romancière italienne de 25 ans, raconte le passage de l’enfance à l’adolescence avec une grande tendresse et des mots très crus, jamais vulgaires. Partagées entre émoi et effroi, ses deux ragazza découvrent le désir dans le regard des garçons et des hommes.

Il y a longtemps que je n’avais lu si belle évocation de cette période de grâce entre la fin de « l’innocence » et l’âge adulte. Alors, tout semble possible pour Anna et Francesca, elles se sentent invincibles. La vie leur semble sur le point de commencer. L’impatience, la curiosité sont leurs carburants. L’amitié, l’amour, l’avenir avec de grands « A » les obsèdent. Celles et ceux qui ont vécu d’intenses amitiés adolescentes se retrouveront dans ces deux gamines italiennes.

Le style simple et poétique d’Avallone dégage une énergie incroyable. L’auteure nous épargne l’éternel cliché du « Paradis Perdu » de l’enfance. « D’acier » est plus subtil. Autre atout du roman: l’écrivain porte un soin tout particulier à ses personnages secondaires, dont le frère. Là aussi, elle va plus loin que l’archétype du grand frère italien macho qui veut protéger sa lolita.

Evidemment, cette histoire ne finit pas tout à fait bien. Si le roman est assez noir, cette parenthèse enchantée dans la vie d’Anna et Francesca laisse un beau souvenir de lecture et la certitude que la littérature italienne devra désormais compter avec Silvia Avallone.

*« D’acier » de Silvia Avallone, éditions Liana Levi en format classique et poche (Piccolo).

* Rentrée littéraire: la jeune romancière sort une courte nouvelle « Le lynx », toujours chez Liana Levi.

* A revoir: « Virgin suicides » de Sofia Coppola

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