« El lugar perdido », huit-clos dans les solitudes argentines

« Prix Clarin 2007  » du nom du grand journal argentin

Du soleil, du sable, du vent, un « lieu perdu » quelque part dans le nord de l’Argentine. Cette région proche de Jujuy écrasée de soleil est loin de la réalité du pays: la dictature. En 1977, la lutte contre la « subversion » fait brutalement irruption dans le quotidien du village.

Un homme est à la recherche de Mathilde, une fille de la campagne qui a depuis longtemps rejoint Buenos Aires, la capitale. Il sait qu’elle correspond avec Marita, sa meilleure amie restée au village. Il cherche à mettre la main sur les lettres pour savoir où se cache Mathilde. Sans savoir pourquoi, par pudeur, par instinct, par méfiance pour l’étranger, la jeune fille refuse de les lui donner.

Ainsi s’installe un long face-à-face entre la paysanne butée et le porteno, l’homme de Buenos Aires. Tous les jours, il passe au café tenu par Maria. Il use de tous les stratagèmes: la séduire, la convaincre, la menacer, la supplier. Sans résultat.
Entre-temps, il se promène dans les rues en terre de ce pueblo. Abruti par la chaleur, l’homme divague. Les réminiscences de son enfance lui sautent à la figure à chaque esquina. Là, l’écrivaine argentine n’évite pas les clichés sur les tortionnaires de la dictature. L’homme est forcément un frustré qui ne s’est jamais remis de la séparation avec sa mère. L’homme est forcément un maniaque qui ne supporte pas la poussière sur ces belles chaussures de cuir noir.

Cependant, Norma Huidobro décrit à merveille ces hauts-plateaux andins au climat rude, si inhospitaliers pour l’homme. Paradoxalement, les phrases courtes restituent l’atmosphère pesante, le lent écoulement du temps, la solitude des femmes restées dans ces contrées lointaines. Elle prend soin de décrire avec mille détails, mille répétitions, les gestes lents de ces personnages. Ce procédé fonctionne un moment puis, au fil des pages, finit par lasser. On n’a qu’une envie : arriver au bout. Pas de chance, le dénouement est sans surprise, je l’avais deviné depuis le milieu du livre.


En espagnol: « El lugar perdido » de Norma Huidobro, Ed Alfaguara, 2007
En français: « Le lieu perdu », Ed Liana Levi, 2009

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