Des pavés pour l’été

Hors de toute actualité littéraire, voici de très bons romans plutôt faciles à lire, à emmener en voyage ou sur la plage. Tous existent en poche.

« La fête au bouc » de Mario Vargas Llosa

Honneur au dernier prix Nobel de littérature avec son meilleur livre : « La fête au bouc ». Je suis une inconditionnelle de cet auteur péruvien. Il raconte les veines ouvertes de l’amérique latine mieux que personne.
J’ai passé peu d’été sans Vargas Llosa, ces romans sont l’archétype du bon bouquin de vacances : long, historique et politique, très bien écrit et documenté, drôle et mordant, et avec une bonne dose de suspens. « La fête au bouc » raconte la dictature de Trujillo qui a dirigé d’une main de fer la république dominicaine de 1931 à 1960. Vargas Llosa décrit à merveille la corruption, la violence politique et les souffrances d’un peuple gouverné par un fou, auquel les Etats-Unis apporteront leur indéfectible soutien.
Pour les hispanohablantes, Mario Vargas Llosa est facile à lire en VO !

En français : Folio/Gallimard, 2004
En espagnol : « La fiesta del chivo », Punto de lectura, 2006

« Clara et la pénombre » de José Luis Somoza

Où s’arrête l’art, où commence l’atteinte à la dignité humaine ? Ces questions sont au cœur du roman « d’anticipation » de José Luis Somoza.
A Amsterdam, Clara est une toile « vivante ». Dans un futur tout proche, l’art contemporain privilégie la peinture sur l’être humain. L’écrivain cubain imagine ce monde de geishas modernes au corps entièrement soumis à l’art. Ces filles-toiles sont louées, achetées, « disposées » au milieu du salon comme table basse. A l’instar de Clara, tous les modèles rêvent de passer entre les mains du célèbre peintre hollandais Van Tysch. Ce roman effrayant est d’autant plus percutant qu’une telle évolution de l’art ne semble pas si improbable.
Loin d’être un essai, ce livre original est un puissant thriller qui commence par la destruction, l’assassinat d’une œuvre-femme de grande valeur.

En français : Babel/Actes Sud, n°669, 2005
En espagnol : « Clara y la penumbra », Debolsillo, 2006

« Zone » de Mathias Enard

C’était LE livre français de la rentrée littéraire 2008…prix Décembre, prix du livre Inter.
Une nuit, un homme monte dans le train pour Rome avec une mystérieuse valise. Qui est-il ? Un espion. Où ? Quand ? Pour qui ? On ne sait pas vraiment. Que va-t-il faire en Italie ? On ne sait pas non plus. Peu importe. Pendant ce voyage, il voit défiler le film de sa vie qui est aussi celui du vingtième siècle dans cette zone méditerrano-orientale avec ses conflits au Proche-Orient, la guerre en Yougoslavie, la violence en Algérie…Bienvenue en enfer. On en prend pleine la figure.
La particularité du roman est d’être écrit d’une seule phrase, sans point. J’avais attaqué ce pavé plutôt dubitative face à cet effet de style-coup de pub. Mais « Zone » est hypnotisant et éblouissant. On avale les pages comme le héros avale les kilomètres…Cette immense phrase correspond parfaitement à ce long voyage en train. Une lecture à perdre haleine. J’ai adoré mais je reconnais qu’au départ, il faut s’accrocher. « Zone » se mérite. Essayez !

Babel/Actes sud, n°1020

« Et que la vaste monde poursuive sa course folle » de Colum McCann

New York, 1974, un funambule se balade entre les tours jumelles. Un évènement vu du sol par un curé, une prostituée du Bronx, une mère de famille bourgeoise. Un évènement qui, pendant quelques instants, permet au temps de suspendre son vol et aux habitants d’échapper à leur effervescent quotidien. Ce texte est un moment de grâce. C’est l’un des livres les plus poétiques qu’il m’ait été donnée de lire ces dernières années. Ce fut ma véritable découverte de McCann, auteur irlandais qui a obtenu le National Book Award 2009 pour ce roman.

En français : Editions 10/18, 2010
En anglais : « Let the great world spin »

« American Darling » de Russell Banks

Comme le titre ne l’indique pas, ce livre est une plongée au cœur de l’Afrique, dans toute sa beauté et toute sa violence, dans les pas d’Hannah Musgrave.
Fin des années 70, cette militante de la gauche américaine fuit la justice de son pays, direction le Liberia. Elle y reconstruit sa vie. Mariée au ministre de la santé, elle a trois enfants et lutte pour la protection des grands singes. Son destin rebascule quand le Liberia s’enfonce dans la guerre civile. Elle ne peut se résoudre à fuir à nouveau, à faire le voyage en sens inverse. Violent et magistral. Attention aux coups de soleil et aux nuits blanches !

En français: Babel/Actes sud, n°780
En anglais : « The darling »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s