« Just kids »: la métamorphose de deux ados en artistes mythiques du XX siècle

Les fans de Rock, dont je fais partie, connaissent bien Patti Smith. Lors d’une expo à la fondation Cartier à Paris, j’avais découvert qu’elle était plus qu’une musicienne. Ces photos, ces poèmes, ces dessins parfois abscons le démontraient. Avec « Just Kids », cette artiste « totale » nous fait pénétrer dans  l’intimité de la création. Sans voyeurisme aucun. Et, c’est un privilège. Ce livre magnifique raconte « l’adolescence de l’art » d’un duo Patti Smith-Robert Mapplethorpe qui deviendra une icône des années 70-80. Mais, fans de rock attention, si Patti Smith raconte la genèse de son premier album, le récit s’arrête là. Car, il commence plus tôt.

Patti dessine, peint, écrit des poèmes. Robert réalise des collages, des installations puis des photos. Ils vivent dans des appartements pourris ou des hôtels. La naissance des deux artistes s’entremêlent avec leur vie de couple. Ces âmes-soeurs se soutiennent l’une l’autre. Avec une simplicité désarmante et un vrai talent littéraire, Patti Smith raconte leur quotidien à New York. L’émergence d’une nouvelle génération d’artistes, le bouillonnement artistique du Chelsea Hotel, les mécènes rencontrés au bon moment…On se laisse emporter par ce monde fascinant où se croisent ceux qui deviendront des artistes majeurs du XXe siècle. Mais l’ivresse ne dure jamais longtemps. Patti Smith veille.  Elle vous rappelle qu’ils ont eu faim, qu’ils ont eu froid. Lucide, sans se plaindre, elle raconte les petits boulots pour survivre, les menus vols pour récupérer du matériel de peinture, les moments  de désespoir à cause d’une maladie. Elle martèle qu’être artiste revient à sacrifier une vie confortable mais que c’est dur.

Au fur et à mesure que Patti Smith semble trouver sa voie, la musique,Robert Mapplethorpe construit un univers artistique de plus en plus glauque : sexe, drogue, SM. Il court les fêtes new-yorkaises. Patti a du mal à suivre. Robert finit par assumer son homosexualité. Le duo assume cette vie de couple pas ordinaire. Doucement pourtant, les liens se distendent jusqu’aux adieux en 1979. Mais, les liens ne se casseront jamais vraiment jusqu’à la mort de Robert Mapplethorpe, emporté par le sida.

♠A lire, bien sûr, au son de « Horses »,  THE album de Patti Smith.
♠Regardez aussi : http://www.filmotv.fr/film/2187/chelsea-on-the-rocks.html
Ce documentaire d’Abel Ferrara retrace le passé du Chelsea Hotel à New York, où Patti Smith et Robert Mapplethorpe ont logé plusieurs mois.
« Just kids » de Patti Smith, Ed.Denoel (2010).
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